Préhistoire

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Partie 1


    Le Pays bigouden étant la seconde région bretonne après celle de Carnac en richesse archéologique préhistorique, le territoire de Tréffiagat ne pouvait que receler de nombreux monuments mégalithiques et autres vestiges. Hélas, beaucoup d'entre eux furent ruinés après les fouilles des archéologues amateurs, surtout chercheurs de trésors, de la fin du 19ème siècle.
Les premiers âges

Possédant de longues côtes basses et une profonde anse - le steïr -, le relief de Tréffiagat fut favorable à l'installation de petits groupes humains qui vivaient de la cueillette des coquillages et de la pêche, il y a plusieurs milliers années.

Malheureusement cette côte à étangs, marais et dunes, quasiment sans falaises n'était guère par ailleurs propice à la formation de grottes marines et d'abris sous roche dans lesquels, les premiers hommes qui ont vécu en Bretagne, ont trouvé refuge soit en permanence soit sous formes de bivouacs. Par contre, grottes ou abris dans le Cap Sizun ont pu préserver les restes d'habitat. Les hommes qui ont habité la grotte de Menez Dréghan en Plouhinec, au Nord de la Baie d'Audierne et qui ont utilisé le feu dans le plus vieux foyer d'Europe à ce jour (-465.000 ans), ont certainement parcouru les plaines bordant la côte sud bigoudène fréquentée à l'époque par les éléphants et les rhinocéros. Ils y ont probablement perdu ou abandonné armes et outils divers comme des shoppers ou galets aménagés, difficiles à identifier hors d'un contexte archéologique.

Sur une côte basse, les variations du niveau de la mer depuis des dizaines de milliers d'années ont eu raison des installations, provisoires ou non. Le littoral de Tréffiagat montre des traces de submersion autour des petits platiers rocheux découverts à marée basse. Les anses de Kersaux, Léhan, Pors Treillen etc. révèlent sous le sable de grosses épaisseurs de tourbe d'eau douce, le plus souvent aux grandes marées. Le plus profond de ces fonds de marais a été observé par un plongeur à 2,40 mètres au-dessous du niveau des basses mers de coefficient 118.

Il n'est pas rare de trouver dans le vieux sol vaseux préservé sous ces tourbes, de petits éclats et outils de silex voire des tessons de poterie remontant à des époques anciennes imprécises.

La remontée de la mer au cours des millénaires qui ont suivi la dernière glaciation a comblé avec du sable la profonde vallée du Steïr qui aboutit au port du Guilvinec-Léchiagat. Outils anciens et autres objets arrachés aux berges et aux rivages ont été repoussés et roulés par les vagues. Certains ont été émoussés et polis.

Les travaux successifs de creusement du port sur plusieurs mètres d'épaisseur de sédiments ont ramené à la surface des milliers de tonnes de sable bien luisant. Nous avons observé ce sable et découvert des outils préhistoriques de différentes époques, lames et lamelles, racloirs avec retouches, éclats divers en silex, taillés dans de petits rognons d'épave servant de matière première à l'homme préhistorique.
Des tonnes et des tonnes de ce sable ont servi à la construction des terres-pleins du port, à la consolidation des dunes de Léhan, Le Run, Kersaux, au renforcement des chemins littoraux etc.
Théo Coïc, un promeneur averti a découvert dans ce sable le plus ancien outil façonné par l'homme à Tréffiagat, un biface (cassé) de type acheuléen, éolisé et patiné, vieux de plusieurs dizaines milliers d'années, plus récent tout de même que les objets frustres de Menez-Dhrégan.

Un dragage de l'arrière-port, il y a 30 ans, avait fait découvrir une pièce courbe en silex de quelques centimètres, finement taillée, qui avait appartenu à une pointe de harpon de l'époque azilienne (rappelant la technique de taille de la grotte du Mas d'Azil dans les Pyrénées) soit environ 12000 ans avant notre ère.


Pointe de harpon courbe en silex agrandie d'1/3 (observez les retouches), de type azilien (moins 12000 ans)

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